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Pour transmettre les connaissances en escrime, il est essenciel de pouvoir décrire les coups employés pour frapper l'adversaire. Il faut pour celà un système de référence définissant aussi précisément que possible les éléments caractéristiques de ces coups. Le système de référence que nous utilisons aujourd'hui est le résultat de l'évolution de l'escrime d'estoc, depuis le XVIème siècle.

Les coups de taille

Pour décrire une escrime basée sur les coups de taille, il faut connaître la direction du coup, et la cible visée.

Une roue, telle que présentée ci-contre, permet de visualiser les trajectoires d'une arme de taille, le coup étant donné le long d'un diamètre du cercle, dans un sens ou dans l'autre. C'est ce type de système qui est employé au début du XVIème siècle. Le coup d'estoc est quant à lui donné au centre de la roue.

Dans ce système de référence, la position de la lame adverse n'a pas d'importance.

L'escrime d'estoc

Dans le cas d'une escrime basée sur des coups d'estoc, qui se développe pour le duel à la fin du XVIème siècle, ce système ne convient plus pour décrire précisément la trajectoire des armes, et notament pour décrire par où passe la pointe pour atteindre sa cible. En effet, la position de l'épée adverse doit être prise en compte, du moins sa position par rapport à sa propre épée.

Les zones à atteindre

Au XVIème et XVIIème siècle, l'escrime est apprise en vue du duel. Les zones privilégiées sont celles qui entraînent aussi sûrement que possible la mort de l'adversaire. Ces zones vitales sont matérialisées sur la photo ci-contre par le triangle jaune. Mais pour décrire le coup, il va falloir préciser de quel côté de la lame adverse on passe. Lors d'un mouvement d'approche, il faut également décrire si l'on place sa pointe à droite ou à gauche de la lame adverse.

Le système au début du XVIIème siècle
La garde la plus répandue est en tierce (main basse sur sa droite), avec la pointe de son arme dirigée vers les parties létales de l'adversaire. Face à un escrimeur se tenant dans cette garde, on peut voir que si l'on passe d'un côté de la lame on trouve la cible, alors que si l'on passe de l'autre côté le coup va à priori passer. De cette situation on détermine un côté "extérieur", et un côté "intérieur", que l'on va également appeler "dehors" ou "dedans".
Mais les escrimeurs vont vite s'appercevoir que dans certaines positions de l'adversaire, il est possible de frapper l'adversaire en passant sous la garde de son épée. Et dans ce cas, la lame adverse étant à priori horizontale ou presque, la distinction intérieur/extérieur ne se justifie pas.

Le système de description des trajectoires des lames, au début du XVIIème siècle, donne donc trois possibilités : extérieur, intérieur, dessous. Ce système permet de décrire de quel côté de l'épée adverse la lame va agir (pour se placer ou pour frapper), mais ne désigne pas la cible.

Dans le jeu de la rapière, lorsque l'on veut agir à l'intérieur, la main est en Quarte (en supination), lorsque l'on veut agir à l'extérieur la main est en seconde (en pronation). Ce qui permet d'opposer le tranchant à la lame adverse.

Le jeu de l'épée seule : de la fin du XVIIème à nos jours
 
Le développement du jeu de l'épée seule et l'allègement des armes de duel au cours du XVIIème siècle, qui va aboutir à l'épée de cour à la fin de ce même siècle, va introduire de nouvelles possibilités, qu'il faut décrire pour pouvoir les transmettre. Parmis ces évolutions, la possibilité de frapper par l'extérieur en supination, ainsi que celle de parer avec la pointe basse. Ces possibilités existent déjà avec la rapière, mais vont se généraliser avec des armes plus légères, donc plus agiles et au maniement plus technique.
Ainsi, il va falloir distinguer les coups de Quarte (main en supination). Le coup traditionnel consiste à opposer le tranchant à la lame adverse pour se couvrir. La trajectoire est donc par l'intérieur ou dedans. Pour décrire un coup en supination passant par l'extérieur, on va s'appuyer sur le fait que ce coup passe au dessus de la garde et de la lame adverse (pour deux droitiers en garde normale de l'époque, donc couverts en tierce ou en seconde).

On va donc distinguer les deux actions, donc les deux trajectoires, en les nommant "Quarte dans les armes", et "Quarte sur les armes". Il n'est pas encore question ici de parades, mais d'attaques ou de coups. Lorsqu'on agit en pronation, le coup de tierce est toujours "en dehors des armes", habitude héritée du jeu de la rapière, mais aussi probablement due au fait que le coup de Tierce repousse la lame de l'adversaire en puissance, alors que le coup de Quarte sur les armes se glisse au dessus de la main.

L'un des éléments de cette évolution est, pour l'escrime civile, la quasi disparition des coups de taille au XVIIIème siècle. Ils sont toujours connus car les armées se servent de la forte-épée puis du sabre, mais l'épée de cour en usage est trop légère pour que ceux-cis soient efficaces. Dans les salles d'armes, l'arme d'entraînement est le fleuret, et les coups de taille ne sont pas comptés.

Gravures tirées du traité de Girard (1760)

Avec des armes plus légères, aux pointes plus agiles, les quillons disparaissent au profit d'un déplacement de la main. Si auparavant on captait la lame adverse avec la garde, les quillons et le fort de la lame, on se rend compte que le fort de la lame et la garde suffisent à détourner la pointe.

D'une escrime basée sur le coup d'oeil, où l'on cherche à se placer sans contact avec la lame adverse (les quillons assurent une bonne protection), on va passer à une escrime de sentiment, où l'on va chercher le contact de la lame adverse avec sa propre lame pour en acquérir la maîtrise.

La cible se confond avec la trajectoire

Ces évolutions, à la fin du XVIIème siècle et au cours du XVIIIème, font naître l'habitude de ne plus désigner la cible. Sur une arme d'estoc, frappant en ligne droite en direction des zones létales, la cible est obligatoirement au bout de la trajectoire. Le repère, c'est la position de la garde adverse, et c'est par ce repère que l'on va nommer la trajectoire de son arme, donc la cible qui est derrière.

Avec le développement des techniques en supination, au XIXème siècle, on va harmoniser la description des coups, et distinguer les trajectoires "dessus" et "dehors", donc les cibles qui leur correspondent.

Dans ce système de référence, seule la position de la main adverse va déterminer les cibles offertes par l'adversaire, donc les trajectoires qui vont être empruntées pour les frapper. La liaison trajectoire/cible ne détermine pas une surface physique de cette cible. Ainsi, si mon adversaire (droitier) est en Quarte, les cibles "Dessus" et "Dehors" montrent plus de surface.

Ce système de référence est celui que nous employons aujourd'hui, avec ses quatres possibilités de passage de la pointe : Dessus, Dessous, Dedans, Dehors. Mais il faut prendre garde, à la vue du dessin du plastron, à ne pas confondre la cible physique et la trajectoire. Un même point d'impact peut être dans une ligne différente, selon la position de la main adverse.