Le forum

LE MATERIEL
Avertissement : la mise en pratique des exercices, assauts et techniques décrites ici ne doivent se faire qu'avec des armes adaptées et les protections correspondantes nécessaires.

Home Page

Plan du site

Escrime Ancienne

faq

Matériel

Règles de duels

Documents

Terminologie française de la rapière au XVIIème

Cours d'Escrime de Duel

Vidéos (assauts)

Rencontres (souvenirs)

Evenement

Escrime sportive

Maîtres d'Armes

Liens

Me contacter

 

PREAMBULE : La sécurité

La pratique de l'escrime de duel consiste à affronter un adversaire en utilisant des armes aussi proches que possible des armes d'époque, en employant des techniques destinées au départ au combat "à mort", que ce soit au niveau des cibles ou au niveau de la manière de manier ces armes.

Il est cependant hors de question de courir les mêmes risques que les duellistes du temps passé. La sécurité va reposer sur l'adéquation entre l'arme, les techniques employées et les protections. Il faut prendre en compte non seulement la pratique normale, mais aussi autant que possible les incidents qui peuvent se produire et rendre les protections inefficaces. En escrime sportive, le règlement international stipule : "Les tireurs s'arment et s'équipent sous leur propre responsabilité". Chacun doit veiller à sa sécurité, et à celle de ses partenaires. C'est valable pour l'arme, les protections et le comportement pendant et hors des combats.

Deux aspects sont à prendre en compte dans le choix du matériel de protection : la protection contre la pénétration (une lame peut se briser et perdre sa neutralisation), et la protection contre les chocs, tant sur les coups de pointe que sur les coups de taille. La tenue d'escrime (avec le masque) est la base indispensable de l'équipement : elle est conçue pour résister à la pénétration d'une lame. En revanche elle ne protège que peu des impacts. Si elle suffit pour la pratique de l'épée de cour du XVIIIème, qui a des caractéristiques proches de l'épée sportive actuelle, elle se révèle déjà insuffisante pour celle de la rapière lorsque les tireurs ne sont pas quelque peu expérimentés.

Les armes, et surtout leurs lames, doivent être neutralisées (non tranchantes, la pointe aplatie munie d'une protection), et fléchir sur un coup d'estoc. Elles doivent également être équilibrées, tant pour les rendre maniables que pour amoindrir l'impact des coups de taille.

la technique des tireurs participe également à leur sécurité. Un certain nombre d'expériences conduites avec des armes réelles ont montré qu'il n'était pas nécessaire de frapper violemment pour faire pénétrer un coup d'estoc ou pour trancher. Tout comme en escrime sportive, la force brute n'est pas de mise dans cette pratique, même et surtout si l'on cherche à approcher les techniques d'époque. En gros en frappant fort, on fait mal mais on ne tue pas.

L'expérience montre que pratiquée correctement et dans l'esprit du duel d'époque, cette activité n'occasionne que peu de bobos

LA TENUE

La tenue de base indispensable est la tenue d'escrime : Veste, Pantalon, Cuirasse de protestion, Masque d'escrime. Pour la veste et la cuirasse de protection, les modèles ambidextres sont préférables, les tireurs étant susceptibles de se trouver en garde inverse. Des vestes d'escrime destinées spécifiquement à cette activité existent aux Etats unis.

Une paire de gants est indispensable, ainsi que pour les femmes un bustier et pour les hommes une coquille.

LE MASQUE

Le masque d'escrime doit être de préférence choisi avec une grille en inox (masques aux normes internationales), car il sera utilisé en extérieur.

Deux points sont à améliorer : l'arrière et la bavette.

Les escrimeurs sportifs restant face à face, le masque est prévu pour protèger la face. Pour l'escrime de duel il est recommandé de lui adjoindre une protection couvrant l'arrière de la tête et la nuque.

D'autre part, si la bavette (partie protègeant la gorge) résiste bien à la pénétration, elle résiste mal à un impact vigoureux. Il faut lui ajouter un dispositif (rigide) empêchant un coup d'écraser la glotte.

 

LES PROTECTIONS COMPLEMENTAIRES

Les protections complémentaires sont les pièces que l'on va ajouter au dessus ou au dessus de la tenue d'escrime afin d'améliorer l'amortissement de l'impact des coups.

Dans cette catégorie, on trouve les plastrons et gambisons, les coudières, genouillères, épaulières... L'usage de ces protections va dépendre des armes employées, des techniques mises en oeuvre et du niveau de maîtrise des tireurs.

Pour la gorge et la nuque, il est possible d'utiliser un gorgerin.

 

LES ARMES

Les armes utilisées pour cette activité ont des gardes copiées ou inspirées des armes d'époque, montées sur des lames spécifiquement conçues pour cette utilisation. L'extrémité de ces lames est revètue d'un "blunt" de cahoutchouc ou de cuir. Pour éviter que la lame ne finisse par percer le blunt, on met une rondelle en bout de lame si celle-ci n'a pas une forme de "tête de clou". Pour assurer la fixation du dispositif, on utilise un ruban adhésif fort.

Les pièces saillantes de la garde devront être arrondies (quillons, extrémité de l'arc de jointure...) pour ne pas blesser au cours du combat.

Rapière d'escrime de duel (à droite) comparée à une réplique fidèle

Les armes doivent être aussi proches que possible des armes d'époque en ce qui concerne la longueur, le poids et le point d'équilibre, de façon à pouvoir retrouver la technique et la manière de combattre qui leur sont associées.

L'une des erreurs que l'on retrouve dans les ouvrages du XIXème siècle traitant de l'histoire de l'escrime est la tendance à comparer toutes les armes du passé au fleuret, et les techniques d'utilisation de ces armes à celle du fleuret. Or les caractéristiques d'une arme vont influer sur sa technique, permettant certains mouvements et en interdisant d'autres. C'est ainsi qu'il est illusoire d'espérer retrouver le jeu de la rapière, dont la lame faisait 1m ou plus, en utilisant une arme de la longueur de celles de l'escrime sportive, dont la lame fait au maximum 90 cm.

L'équilibre est également à prendre en compte, car il contribue à l'agilité de l'arme. Une rapière du XVIIème siècle a son point d'équilibre au maximum à deux doigts devant la garde. Au delà la pointe devient trop lourde ce qui la rend moins maniable.

 

Rapières d'escrime de duel comparées à une rapière d'escrime artistique (à droite)

 

LES LAMES

 

La lame est la pièce principale de l'épée, et de ses caractéristiques va dépendre les caractéristiques de l'arme.

Les lames utilisées pour l'escrime de duel doivent avoir été conçues spécifiquement pour cette activité. Elles sont souples, à l'instar des lames d'escrime sportive, non tranchantes et offrent une courbure régulière lorsqu'elles sont fléchies.

Peu de fabricants proposent des lames adaptées à cette activité, à la fois proche des lames d'époque tout en restant sûres pour la pratique.

En escrime de duel, on va distinguer trois types d'armes, correspondant à trois époques et trois types de techniques.

 

 

L'épée de cour

L'épée de cour est une arme légère, utilisée exclusivement d'estoc. La lame fait 90cm ou moins. Pour monter une épée de cour, on peut utiliser une lame d'épée sportive ordinaire (non électrique), ou utiliser une lame "mousquetaire" souple et à la pointe matée en "tête de clou".

 

La rapière

La rapière est une arme utilisée majoritairement d'estoc, mais aussi de taille avec l'extrémité. La lame longue et fine fait environ 1m, et peut être de section triangulaire, ovale ou losange. En terme de poids et de balance, les lames qui se rapprochent le plus des lames d'époque sont les "mousquetaires" de 1m (à section triangulaires). Les lames à section ovale ou losange, plus conformes à la forme d'époque, ont l'inconvénient de générer des armes plus lourdes.

En France, le seul revendeur actuellement de ce type de lames est Sport 7.

 

L'épée du XVIème siècle

Cette épée s'emploie majoritairement de taille. La lame fait environ 90cm, très large et de section losange ou ovale. Actuellement, il n'y a pas de lame disponible sur le marché pour ces épées. Les plus proches sont les lames de rapière section ovale ou losange de 90cm, mais qui ont le défaut d'être trop fines. Des modèles sont à l'étude à l'étranger, la difficulté étant de permettre la maîtrise de l'inertie de l'arme de façon à ne pas nécessiter des protections trop lourdes.

LE COSTUME

Si la tenue d'escrime est obligatoire, il est possible de revêtir au dessus un costume ou d'agencer les protections pour approcher les tenues d'époque.

Il faut veiller toutefois à ne pas neutraliser les protections indispensables. Les matériaux utilisées doivent être résistants, pour ne pas craindre un coup d'épée.

Les pièces de costume susceptibles de capter et retenir les lames (tels que les crevés ouverts sur les manches ou les ceintures lâches) sont à bannir.

Le masque peut être habillé de façon à ressembler à un casque militaire de l'époque, renforçant la bavette et couvrant la nuque.