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PREAMBULE : La sécurité
La pratique de l'escrime de duel consiste à affronter
un adversaire en utilisant des armes aussi proches que possible des armes
d'époque, en employant des techniques destinées au départ
au combat "à mort", que ce soit au niveau des cibles
ou au niveau de la manière de manier ces armes.
Il est cependant hors de question de courir les mêmes
risques que les duellistes du temps passé. La sécurité
va reposer sur l'adéquation entre l'arme, les techniques employées
et les protections. Il faut prendre en compte non seulement la pratique
normale, mais aussi autant que possible les incidents qui peuvent se produire
et rendre les protections inefficaces. En escrime sportive, le règlement
international stipule : "Les tireurs s'arment et s'équipent
sous leur propre responsabilité". Chacun doit veiller à
sa sécurité, et à celle de ses partenaires. C'est
valable pour l'arme, les protections et le comportement pendant et hors
des combats.
Deux aspects sont à prendre en compte dans le choix
du matériel de protection : la protection contre la pénétration
(une lame peut se briser et perdre sa neutralisation), et la protection
contre les chocs, tant sur les coups de pointe que sur les coups de taille.
La tenue d'escrime (avec le masque) est la base indispensable de l'équipement
: elle est conçue pour résister à la pénétration
d'une lame. En revanche elle ne protège que peu des impacts. Si
elle suffit pour la pratique de l'épée de cour du XVIIIème,
qui a des caractéristiques proches de l'épée sportive
actuelle, elle se révèle déjà insuffisante
pour celle de la rapière lorsque les tireurs ne sont pas quelque
peu expérimentés.
Les armes, et surtout leurs lames, doivent être
neutralisées (non tranchantes, la pointe aplatie munie d'une protection),
et fléchir sur un coup d'estoc. Elles doivent également
être équilibrées, tant pour les rendre maniables que
pour amoindrir l'impact des coups de taille.
la technique des tireurs participe également à
leur sécurité. Un certain nombre d'expériences conduites
avec des armes réelles ont montré qu'il n'était pas
nécessaire de frapper violemment pour faire pénétrer
un coup d'estoc ou pour trancher. Tout comme en escrime sportive, la force
brute n'est pas de mise dans cette pratique, même et surtout si
l'on cherche à approcher les techniques d'époque. En gros
en frappant fort, on fait mal mais on ne tue pas.
L'expérience montre que pratiquée correctement
et dans l'esprit du duel d'époque, cette activité n'occasionne
que peu de bobos
LA TENUE
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La tenue de base indispensable est
la tenue d'escrime : Veste, Pantalon, Cuirasse de protestion,
Masque d'escrime. Pour la veste et la cuirasse de protection,
les modèles ambidextres sont préférables, les
tireurs étant susceptibles de se trouver en garde inverse.
Des vestes d'escrime destinées spécifiquement à
cette activité existent aux Etats unis.
Une paire de gants est indispensable,
ainsi que pour les femmes un bustier et pour les
hommes une coquille. |
LE MASQUE
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Le masque d'escrime doit être de préférence
choisi avec une grille en inox (masques aux normes internationales),
car il sera utilisé en extérieur.
Deux points sont à améliorer : l'arrière
et la bavette.
Les escrimeurs sportifs restant face à face,
le masque est prévu pour protèger la face. Pour l'escrime
de duel il est recommandé de lui adjoindre une protection
couvrant l'arrière de la tête et la nuque.
D'autre part, si la bavette (partie protègeant
la gorge) résiste bien à la pénétration,
elle résiste mal à un impact vigoureux. Il faut lui
ajouter un dispositif (rigide) empêchant un coup d'écraser
la glotte. |
LES PROTECTIONS COMPLEMENTAIRES
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Les protections complémentaires
sont les pièces que l'on va ajouter au dessus ou au dessus
de la tenue d'escrime afin d'améliorer l'amortissement de
l'impact des coups.
Dans cette catégorie, on trouve les plastrons
et gambisons, les coudières, genouillères, épaulières...
L'usage de ces protections va dépendre des armes employées,
des techniques mises en oeuvre et du niveau de maîtrise des
tireurs.
Pour la gorge et la nuque, il est possible d'utiliser
un gorgerin.
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LES ARMES
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Les armes utilisées pour cette activité
ont des gardes copiées ou inspirées des armes d'époque,
montées sur des lames spécifiquement conçues
pour cette utilisation. L'extrémité de ces lames est
revètue d'un "blunt" de cahoutchouc ou de cuir.
Pour éviter que la lame ne finisse par percer le blunt, on
met une rondelle en bout de lame si celle-ci n'a pas une forme de
"tête de clou". Pour assurer la fixation du dispositif,
on utilise un ruban adhésif fort.
Les pièces saillantes de la garde devront
être arrondies (quillons, extrémité de l'arc
de jointure...) pour ne pas blesser au cours du combat. |
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Rapière d'escrime de duel (à droite) comparée
à une réplique fidèle
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Les armes doivent être aussi
proches que possible des armes d'époque en ce qui concerne
la longueur, le poids et le point d'équilibre, de façon
à pouvoir retrouver la technique et la manière de
combattre qui leur sont associées.
L'une des erreurs que l'on retrouve dans les ouvrages
du XIXème siècle traitant de l'histoire de l'escrime
est la tendance à comparer toutes les armes du passé
au fleuret, et les techniques d'utilisation de ces armes à
celle du fleuret. Or les caractéristiques d'une arme vont
influer sur sa technique, permettant certains mouvements et en interdisant
d'autres. C'est ainsi qu'il est illusoire d'espérer retrouver
le jeu de la rapière, dont la lame faisait 1m ou plus, en
utilisant une arme de la longueur de celles de l'escrime sportive,
dont la lame fait au maximum 90 cm.
L'équilibre est également à
prendre en compte, car il contribue à l'agilité de
l'arme. Une rapière du XVIIème siècle a son
point d'équilibre au maximum à deux doigts devant
la garde. Au delà la pointe devient trop lourde ce qui la
rend moins maniable.
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Rapières d'escrime de duel comparées à une
rapière d'escrime artistique (à droite)
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LES LAMES
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La lame est la pièce principale
de l'épée, et de ses caractéristiques va dépendre
les caractéristiques de l'arme.
Les lames utilisées pour l'escrime de duel
doivent avoir été conçues spécifiquement
pour cette activité. Elles sont souples, à l'instar
des lames d'escrime sportive, non tranchantes et offrent une courbure
régulière lorsqu'elles sont fléchies.
Peu de fabricants proposent des lames adaptées
à cette activité, à la fois proche des lames
d'époque tout en restant sûres pour la pratique.
En escrime de duel, on va distinguer trois types
d'armes, correspondant à trois époques et trois types
de techniques.
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L'épée
de cour
L'épée de cour est une arme légère,
utilisée exclusivement d'estoc. La lame fait 90cm ou moins.
Pour monter une épée de cour, on peut utiliser une
lame d'épée sportive ordinaire (non électrique),
ou utiliser une lame "mousquetaire" souple et à
la pointe matée en "tête de clou". |
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La rapière
La rapière est une arme utilisée majoritairement
d'estoc, mais aussi de taille avec l'extrémité. La
lame longue et fine fait environ 1m, et peut être de section
triangulaire, ovale ou losange. En terme de poids et de balance,
les lames qui se rapprochent le plus des lames d'époque sont
les "mousquetaires" de 1m (à section triangulaires).
Les lames à section ovale ou losange, plus conformes à
la forme d'époque, ont l'inconvénient de générer
des armes plus lourdes.
En France, le seul revendeur actuellement de ce
type de lames est Sport 7. |
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L'épée du XVIème
siècle
Cette épée s'emploie majoritairement
de taille. La lame fait environ 90cm, très large et de section
losange ou ovale. Actuellement, il n'y a pas de lame disponible
sur le marché pour ces épées. Les plus proches
sont les lames de rapière section ovale ou losange de 90cm,
mais qui ont le défaut d'être trop fines. Des modèles
sont à l'étude à l'étranger, la difficulté
étant de permettre la maîtrise de l'inertie de l'arme
de façon à ne pas nécessiter des protections
trop lourdes. |
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LE COSTUME
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Si la tenue d'escrime est obligatoire,
il est possible de revêtir au dessus un costume ou d'agencer
les protections pour approcher les tenues d'époque.
Il faut veiller toutefois à ne pas neutraliser
les protections indispensables. Les matériaux utilisées
doivent être résistants, pour ne pas craindre un coup
d'épée.
Les pièces de costume susceptibles de capter
et retenir les lames (tels que les crevés ouverts sur les
manches ou les ceintures lâches) sont à bannir.
Le masque peut être habillé de façon
à ressembler à un casque militaire de l'époque,
renforçant la bavette et couvrant la nuque. |
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